Plus de 150 ans d’histoire

En bref :
Ce sont deux demoiselles, très modestes, originaires de Lyon, travaillant à l’entretien au Séminaire, qui sont à l’origine des pèlerinages à Notre Dame d’Afrique : la première Marguerite Berger, appelée aussi Mademoiselle Agarithe, est décédée en 1875 et enterrée dans la Chapelle Saint Joseph. L’autre, Anna Cinquin, est décédée en 1884 et enterrée sous la tribune de l’orgue.
La construction a duré 26 ans avec un architecte français appelé Monsieur Fromageau de Saumur. Les gros œuvres ont été réalisés entre 1858 et 1866 sous l’épiscopat de Monseigneur Pavy. Mais c’est le Cardinal Lavigerie qui achèvera les travaux entre 1866 et 1872.


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Les Chrétiens ont connu en Afrique du Nord une grande et rapide extension, dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. Ils furent à plusieurs reprises persécutés à mort par les fonctionnaires romains. Leur souvenir est parvenu jusqu’à nous et se retrouve en cette basilique. Il y eut parmi eux de grands penseurs dont le plus célèbre est Saint Augustin, évêque d’Hippone (Annaba). Il reste de cette époque, en Afrique du Nord, de nombreux vestiges : mosaïques, ruines d’églises, inscriptions.
Sous la pression musulmane, peu à peu, les Chrétiens disparurent. Pendant la période ottomane, du 17ème au 19ème siècle, des Chrétiens, surtout Européens, étaient présents sur le littoral d’Afrique du Nord, comme consuls, commerçants, esclaves, prisonniers de guerre, ou religieux. Une vingtaine de ces derniers se succédèrent comme représentants de l’autorité de l’Église Catholique romaine auprès de ses fidèles.
Lors de la colonisation en 1830, la présence chrétienne reprit : Français, Espagnols, Italiens, Maltais, Mahonnais… si bien que le Pape Grégoire XVI, érigea le 9 août 1838 , pour toute l’Algérie, un évêché dans la ville d’Alger (ancien Icosium).
Le 1er évêque nommé fut Antoine-Adolphe DUPUCH. Il travailla à l’installation d’églises et de paroisses chrétiennes de 1838 à 1846. C’est lui qui acquit, grâce à la générosité de jeunes filles lyonnaises, une statue de bronze, nouvellement créée, sous le vocable de la Vierge Fidèle, qui allait devenir quelques années plus tard, Notre-Dame d’Afrique.
Succède à Mgr Dupuch en 1846, Mgr Louis-Antoine-Augustin PAVY (1846-1866). Il venait de Lyon où, prêtre de paroisse, il dirigeait spirituellement deux jeunes femmes : Margarita Bergesio (émigrée italienne qui francisa son nom en Agarithe Berger) et Anne Cinquin. Célibataires, elles s’occupaient d’œuvres caritatives et elles avaient l’habitude de fréquenter le pèlerinage lyonnais de Notre-Dame de Fourvière. Elles suivirent Mgr Pavy à Alger pour s’occuper de la lingerie et de l’infirmerie du séminaire établi dans la vallée des Consuls, où l’évêque avait sa résidence.
Les lieux sont très accidentés, adossés à la montagne de la Bouzareah et creusés de profonds ravins, avec une végétation de pins, de vieux oliviers et d’épineux. Dans leur piété, ces deux demoiselles installèrent une statuette de Marie dans le creux d’un vieil arbre, au fond du ravin tout proche. Très vite les chrétiens de St Eugène (Bologhine) y vinrent en pèlerinage. On appela ce lieu, tout naturellement, Notre-Dame du Ravin.

chapelle notre dame ravin 53
Mais cela ne suffisait pas à ces deux femmes, qui insistaient auprès de l’évêque pour qu’il construise une vraie église comme à Fourvière. Mgr Pavy hésitait par manque d’argent. Mais parce que « ce que femme veut, Dieu le veut », il prit sa décision le 8 décembre 1854, à l’occasion de la proclamation par le Pape Pie IX du dogme de l’Immaculée Conception de Marie. Très vite un comité fut mis en place, un architecte trouvé, un terrain bien situé, acquis. Un nom s’imposa : Notre-Dame d’Afrique, parce qu’on avait conscience qu’Alger s’ouvrait sur l’immense continent.
L’architecte, Monsieur Fromageau, commença par construire en 1857 une petite chapelle provisoire - qui existe toujours - blottie derrière la grande Basilique. Il fallait y mettre une statue de Marie. Or Mgr Pavy ne savait pas que son prédécesseur en avait reçu une, fort belle, qu’il avait prêtée aux Trappistes de Staoueli. Ceux-ci l’avaient placée à l’entrée de leur monastère. Apprenant cela, Mgr Pavy la reprit et installa La Vierge fidèle dans la chapelle provisoire. Le pèlerinage s’amplifia, mademoiselle Agarithe y passa de longues années à prier et à recevoir les pèlerins, vendant des objets religieux pour aider au financement de la grande église. Les fondations furent creusées à partir du 2 février 1858 et peu à peu la construction prit de l’ampleur. Le gros œuvre était terminé lorsque Mgr Pavy mourut en 1866.

Son successeur Charles Martial Allemand LAVIGERIE fut le premier archevêque d’Alger (1866-1892) quand furent érigés les évêchés d’Oran et de Constantine. Une de ses nombreuses tâches consista à achever l’œuvre commencée de l’église Notre-Dame d’Afrique. Il fallait faire les crépissages, mettre les vitraux, décorer et installer le mobilier nécessaire au culte catholique. Il chercha à pourvoir le pèlerinage d’une aumônerie stable et s’adressa en 1868 aux moines Prémontrés de Saint-Michel de Frigolet dans la Montagnette en Provence. 12 religieux vinrent, se bâtirent un couvent derrière l’église, face à la chapelle provisoire, et s’occupèrent de pourvoir à l’ameublement de la sacristie et du sanctuaire (maître-autel, stalles, vitraux, chaire) . En 1872 l’Archevêque put inaugurer l’église, le 2 juillet, il la consacra et l’année suivante, y intronisa la statue de Notre-Dame d’Afrique. Il sut obtenir du Pape Pie IX une double faveur : que ce sanctuaire ait le titre de BASILIQUE, et que la statue de la Vierge soit COURONNÉE.
Agarithe, l’instigatrice infatigable du pèlerinage pouvait s’endormir en paix, elle mourut comme une sainte en 1875. Anne Cinquin lui survécut jusqu’en 1884.
Les Prémontrés se retirèrent en 1873. les Pères Blancs, fondés par Mgr Lavigerie, prirent alors la direction du pèlerinage jusqu’en 1897. Ils laissèrent la place au clergé diocésain jusqu’en 1930, date à laquelle Mgr Leynaud (5ème archevêque d’Alger, de 1917 à 1953) demanda aux Pères Blancs de revenir.
Au fil des ans, au fil des fêtes mariales et des fêtes liturgiques de l’Église Catholique Romaine, et même chaque jour, visiteurs et pèlerins, ont gravi la colline avec les moyens de chaque époque. Dès le début, il avait été écrit sur le mur dans le chœur de la Basilique : Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les Musulmans ; Chrétiens et Musulmans s’y côtoyaient. Peu à peu ces lieux boisés furent défrichés et une population de plus en plus nombreuse s’installa. En 1930, il y avait assez de chrétiens dans ce quartier pour que Mgr Leynaud érigeât en paroisse la Basilique Notre-Dame d’Afrique, qui ne cessait pas pour autant d’être un lieu de pèlerinage.
Tout prêt de la basilique, un Carmel apostolique avait été fondé en 1892 qui dût être abandonné en 1911. Après la Grande Guerre, en 1920, l’Archevêque Leynaud y installa un collège de garçons Institution Notre-Dame d’Afrique, dirigé d’abord par des prêtres diocésains puis par les Jésuites. En 1975, il devint le Lycée Ibn Khaldoun. Les prêtres qui travaillèrent dans cette école apportèrent aux aumôniers de la Basilique un soutien appréciable.
La même année, 1920, les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, sont appelées pour s’occuper d’un orphelinat de filles, assurer diverses fonctions à la basilique (sacristie, chants, boutique), et surtout être chaque après midi adoratrices du St Sacrement. Cette œuvre occupa les locaux des Prémontrés qui avaient jusqu’ici servi d’aumônerie aux divers recteurs de la Basilique et à leurs auxiliaires. Pour les loger l’archevêché acheta l’hôtel Charmant Séjour de Mr Bompard, qui avait été édifié tout près de la chapelle provisoire vers 1900. Le logement des prêtres s’y trouve toujours.
Mgr Leynaud eut à cœur de moderniser et de décorer la basilique. Ainsi il pourvut à la première électrification en 1921. En 1930 il fit construire la tribune pour recevoir le grand orgue donné par Mr Weddell. En 1937 une fresque fut peinte dans l’abside du chœur par l’artiste belge Emile Deckers. Le point faible de la basilique étant le manque d’étanchéité des absides, ce fut le grand souci des recteurs de pallier à cet inconvénient et la dégradation de cette œuvre s’accentuant, il fallut pourvoir à son remplacement en 1993.
Pendant la seconde guerre mondiale, un grand malheur se produisit. Un avion italien en perdition lâcha ses bombes qui ne tombèrent point dans la mer, comme il le voulait, mais sur l’orphelinat des Sœurs Franciscaines. 15 religieuses furent tuées sur le coup, mais par miracle aucun des 100 enfants ne fut touché. Les vitraux de la basilique furent brisés, et le campanile ébranlé.
La 1ère croix sur le dôme date de 1866. En 1953, un peu avant sa mort, Mgr Leynaud procéda à la bénédiction d’une nouvelle croix. 50 ans plus tard, la croix devait être remplacée. La Basilique est une construction très solide, résistante aux séismes, mais qui subit l’assaut des pluies et des vents qui rongent peu à peu certaines pierres, et les joints au mortier de sable et de chaux utilisés au 19ème siècle. Les fers mis çà et là pour solidifier les colonnettes et le dôme du campanile rouillent et font éclater la pierre. Tout ceci fait qu’au moment où cette page est rédigée, la restauration complète de la Basilique est engagée.
Père Henri Maurier, Père Blanc

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Le chantier de restauration a eu lieu entre 2007 et 2010, redonnant à ce monument algérois toute sa beauté et mettant en avant le vivre ensemble au quotidien. Regardez le documentaire de CANAL ALGERIE à ce sujet.

 Un superbe album illustré a été édité pour garder la mémoire de ce moment historique, culturel et technique. Il est diponible à la basilique.

 Couv ND Afrique

Last modified onThursday, 13 October 2016 14:24

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